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mardi 9 mars 2010

Tri


Aujourd'hui, j'ai jeté beaucoup de choses. Mais c'était aussi l'occasion de retrouver quelques souvenirs... Et surprises !







Mes occupations pendant les cours de physique-chimie.










Les cours d'SVT qui étaient si profitables !












Mme Philosophie : "Mais, Sardine... Qu'est-ce qui vous est arrivé ?!"










La preuve, pour tous les médisants, que j'ai déjà fait des fiches d'histoire dans ma vie !
(même si je n'ai pas dépassé le 2° chapitre...)






Et le plus beau : un souvenir de la première (et dernière) fois où j'ai été renvoyée de cours, avec une convocation pour mes parents...
Ha, la bonne blague !
Les initiés comprendront.

lundi 8 mars 2010

Adieu Limoges !



Voilà le volume de 6 mois de vie.

dimanche 7 mars 2010

Monologue


Il faut que tu m'expliques comment tu as fait. Enfin, comment tu as fait, je ne sais pas : tu n'as peut-être rien fait du tout, ce n'était probablement pas volontaire. Mais j'aimerais comprendre ce qui s'est passé...

Tu étais là, et moi aussi, mais je ne t'avais même pas vu. Enfin, pas remarqué, quoi. Tu étais là, et je ne te connaissais pas. Et il y avait d'autres gens, que je connaissais ou que je ne connaissais pas. Tu étais parmi les inconnus, voilà. Je n'ai pas été frappée. C'était comme ça.

Et puis, je ne sais plus trop comment, tu es venu me parler. Tu avais envie de faire connaissance, je crois, tu étais là pour faire connaissance. Bien sûr, j'y ai pensé, en célibataire que j'étais avec un égo surdimensionné : peut-être qu'il vient parce qu'il s'intéresse à moi ? Tu parles ! Pas plus à moi qu'aux autres, ça s'est trouvé comme ça, c'est tout.

Et puis ça s'est trouvé qu'on a beaucoup discuté, comme ça. Et je t'ai trouvé intéressant d'abord, et gentil aussi. Tu voulais vraiment me connaître, c'était agréable, j'étais flattée. Mais tu étais un garçon gentil, parmi d'autres gentils garçons, rien d'exceptionnel en somme. Il y a des gens intéressants partout, si on cherche bien.

Après, il y a eu ces ambiguïtés dans nos conversations, qui m'amusaient je dois l'avouer. Je suis vraiment odieuse, j'ai des pensées insupportables. Je me disais, s'il me cherche et que je suis d'humeur, pourquoi pas, je pourrais bien accepter. Comme une fille trop seule et trop égoïste. Mais d'autres fois tu n'avais pas le temps, ou tu étais occupé à autre chose, ou tu ne voulais pas me dire ce que je voulais entendre, et là je m'étonnais, je m'interrogeais, je me vexais parfois. Et j'osais penser : "Qu'est-ce qu'il cherche, au juste ?", alors que j'avais commencé à chercher moi-même quelque chose sans savoir vraiment quoi. Ou sans vouloir me l'avouer.

Alors j'ai voulu vraiment qu'il se passe quelque chose, mais sans avoir vraiment réfléchi à ce que moi, j'en pensais. C'était une occasion de ne plus être seule, de me sentir intéressante aux yeux de quelqu'un, unique. Toi ou un autre, ça s'était fait comme ça, en fait, et c'était toi. Parce que c'était confortable de le penser, que ça me convenait, tout simplement. C'était l'occasion, quoi. Alors j'ai imaginé que je pourrais bien tomber amoureuse. Je me disais qu'on choisit, après tout, qu'on fait bien ce qu'on veut, et pourquoi bannir la raison de ces choses-là ?

Et puis, je me suis mise à ressentir des choses. Une attirance. Ton physique, par exemple : tu étais un garçon, comme beaucoup d'autres garçons. Ni particulièrement beau, ni particulièrement laid : juste toi, quoi, c'était comme ça. Et ça a fait comme une transformation, alors qu'au fond c'était toujours toi. Je me suis mise à aimer ton visage, sous certains angles. Puis à l'aimer tout court. Je ne sais pas trop comment, je ne sais pas trop pourquoi, mais c'est devenu une évidence.

Alors j'ai voulu être jolie pour toi, et j'ai voulu changer, aussi, pour être digne de toi. Je trouvais que tu étais vraiment quelqu'un de bien. Bien mieux que moi, en tout cas, cela au moins ne faisait pas de doute. Changer, d'accord, mais changer quoi ? C'est ce que je ne savais pas trop. Et puis, ça n'était pas vraiment conscient encore, je ne m'en étais pas rendu compte.

Il a fallu un choc, une secousse, pour que je me réveille toute tremblotante et que je me demande ce qui s'était passé. Était-ce moi, était-ce toi ? Je ne supportais plus l'idée que les ambiguïtés n'étaient peut-être que des plaisanteries, l'idée que tu m'apprécies comme une amie. Il me fallait te conquérir... Il me faut te conquérir.

Mais ai-je une chance ? Dis-moi ce que tu as fait, que j'en fasse de même.

samedi 6 mars 2010

Pensée égoïste


Monter sur un petit nuage, c'est pas désagréable.
Mais ça fait mal quand le nuage se décroche.

jeudi 4 mars 2010

Coup de tête



C'est bien connu : une sardine n'a pas de cheveux.

mercredi 3 mars 2010

Démission



À Corail, le mardi 2 mars 2010
BOCAL Sardine
Professeure des écoles stagiaire
IUFM de l'Océan
3 rue de l'école sous-marine
186 310 CORAIL
à Monsieur l'Inspecteur d'Académie
Directeur des Services Départementaux
de l'Éducation Nationale
Inspection Académique du Fond Marin
s/c de Madame la directrice de l'IUFM de l'Océan


Objet : démission

J'ai l'honneur de solliciter de votre haute bienveillance de bien vouloir accepter ma démission dès réception de cette lettre. Ma directrice et mes collègues ont été informés de ma décision le 1er mars 2010.

Les raisons de ma décision sont les suivantes : après un début de formation cahotique et divers changements de stages, je crois n'être vraiment pas faite pour ce métier. Si j'ai été aidée dans ma réflexion par l'opinion manifestement négative de certains formateurs à mon égard, cela n'est pas la seule cause de mon départ : je me suis rendu compte que ce malaise est commun à beaucoup de professeurs stagiaires. Pour ma part, ceci n'a pas engendré mon choix, mais l'a accéléré. Je n'estime pas nécessaire de persister dans une voie qui ne semble profitable ni pour moi, ni pour mes élèves.

Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'assurance de mes sentiments très distingués.


Sardine B


lundi 1 mars 2010

Décision


On aura beau dire, une décision, c'est avant tout arbitraire.

Il y a des décisions qui vont dans la continuité de ce qu'on vit au jour le jour. C'est bien connu, on ne peut pas tout faire. Il faut faire des choix. Alors on prend les choses comme elles viennent, on hésite, on recule ou on accourt, on étudie les possibilités et on consulte les avis, puis vient la date butoir : on se décide. On a choisi l'embranchement, on continue son bonhomme de chemin jusqu'au prochain carrefour. On ouvre une porte, et les autres se referment.
Ces décisions-là sont naturelles. Pas toujours faciles, mais néanmoins indispensables. Car si l'on ne peut pas tout faire, il faut bien faire quelque chose. On n'y échappe pas.

Mais il y a une autre forme de décision. Le virage à 180°, route barrée, voie sans issue. Impasse. Seulement, ces décisions-là sont plus difficiles à prendre. C'est comme trébucher, se casser la figure, retourner en arrière. Temps perdu ? Échec ? C'est refermer la porte que l'on avait ouverte, et aller au petit bonheur en chercher une autre.
Non, ces décisions-là ne sont pas faciles à prendre. On hésite, on recule, on étudie les possibilités et on consulte les avis. Mais reboucher la voie que tu as choisie ? Abandonner cette route ? Et si tu le regrettais ? Va au moins au bout du chemin, tu rattraperas un autre sentier au prochain carrefour.
Seulement, quand le chemin est trop mauvais, la route ardue et semée d'embûches, et que les possibilités du prochain carrefour ne nous intéressent pas, alors c'est le moment de faire demi tour. Demi tour avant qu'il ne soit trop tard, avant que le filet du diable ne nous ait happé tout entier.

Oui, je referme une porte à jamais. C'est vrai. Temps perdu ? Je ne sais pas. Je sais au moins quelle route je ne veux pas prendre.

Mais combien de portes s'ouvrent à nouveau pour moi ! Certains sentiers que je n'avais même pas soupçonnés ! De jolies allées ou de grands boulevards... Il est temps maintenant de recommencer à faire des choix. Prospecter, hésiter, avancer et reculer, jusqu'à la prochaine date butoir.

Et pourtant, Professeur des Écoles, c'était un "métier en or".